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Le 16 décembre 2005, une communauté guarani-kaiowá de l’État du Mato Grosso do Sul a été violemment expulsée de ses terres ancestrales par la police fédérale, qui a agit avec le soutien tacite des propriétaires terriens locaux. Les Guaranis-Kaiowás ont été contraints d’établir un campement sur le bord d’une route voisine, où ils manquent de nourriture, d’abris et d’installations sanitaires.
Le 24 décembre 2005, neuf jours après l’expulsion, Dorvalino Rocha, trente-neuf ans, a reçu une balle dans la poitrine à l’entrée d’une ferme située sur le territoire litigieux. Selon les informations disponibles, il aurait été tué par un vigile au service de propriétaires terriens locaux.
Dorvalino Rocha était le 38e indigène tué en 2005, l’année la plus terrible depuis plus de dix ans selon le Conselho Indigenista Missionário (CIMI), une organisation non gouvernementale brésilienne. Vingt-huit de ces meurtres ont eu lieu dans l’État du Mato Grosso do Sul.
L’expulsion de la communauté guarani-kaiowá a fait suite à une décision de la Cour suprême, qui a eu pour effet de suspendre le droit des Guaranis-Kaiowás de vivre sur leurs terres, un droit pourtant inscrit dans la Constitution.
Cette situation résulte du fait que la justice et l’État brésiliens ne font pas respecter systématiquement les droits des communautés indigènes.
Les populations autochtones sont contraintes de camper près de leurs terres ancestrales et vivent constamment dans la peur de subir des représailles de la part des hommes armés qui sont au service de propriétaires fonciers ou de sociétés de surveillance peu contrôlées.
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